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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 09:03

Être ce que l'on est,

Les gros haricots Soissons trônent dans un immense bocal sur le haut du meuble de cuisine, il ne sont pas tarbais faute de quelques kilomètres et de cette terre noire qui est remplacée ici par des boulbènes limoneux lourds.

Ils ont pourtant poussé lentement à l'abri du maïs, et nous pouvions les voir croître depuis la fenêtre de cette cuisine aujourd'hui chauffée par la cuisinière dont le bois de chêne et d’acacia claque et craque.

Tout prêt de ce bocal en réserve de haricots secs, blanc et gros pareils à des fèves, sont les bocaux d'alicuit et d'abattis, confits de volailles grasses et maigre cuites dans la graisse d'oie et de canard, ici la simplicité est de tout mêler, le contraire de la pureté, qui en fait la richesse du goût.

Puisqu'il est hiver et que la lune ne se prête pas à jardin, il faut rencontrer ces bocaux. Commençons par une saucisse fraîche de porc noir gascon, grasse et odorante, la faire dorer dans une poêle d'acier, ici le Teflon est banni, mes poêles portent la croûte extérieure de dizaines d'année de cuissons sur les pianos de mon père et des grand oncles. La saucisse ronde enflée colore et brûle presque, jetant son suif gouteux.

Les haricots secs débarrassés des quelques brindilles attestant de leur origine toute locale, les quelques mètres qui séparent la cuisinière à bois du "casau" (jardin en gascon), gonflent dans un premier bain d'eau impure que je préfèrerai du puits, j'y pense.

La saucisse est roussie maintenant, je fait fondre la graisse d'un bocal d'alicuit et d'un d'abattis, c'est à chaque fois l'ouverture du coffre au trésor que d'ouvrir les bocaux de l'an passé, qu'ai-je pougné dans celui-ci des gésiers? non des ailerons, des cous, l'alicuit est plus pauvre, des pattes de poulet et de canard, des carcasses, juste pour le goût.

Pour rajouter encore à celui-ci un os du vieux jambon de deux ans, des couennes, du gras! Le gras c'est la vie!!!

Il est temps de rincer les haricots puis de les mêler à la viande, à ses sucs, au bouillon, quelques carotte du jardin entière car encore jeunes et petites, même pas pelées, le laurier du voisin, un peu de thym sauvage, de la sauge.

Deux petites bûches de bois sec pour activer la cuisinière. Le cassoulet puis qu'il en est maintenant, est en chemin dans l'immense cocotte de fonte...

Laissons le cuire et espérons ses odeurs, il sera meilleur demain. refroidi, dégraissé et recuit.

Aujourd'hui je suis seul et je tire une assiettée de ce cassoulet pas encore à point, j'en tire les morceaux qui me régalent, si bien que l'assiette en déborde presque.

La table est mise, un bouteille de vinaigre de vin maison y est placée, j'adore l'acidité qui relève le goût des haricots cuisinés et qui les rends parfaitement digestes.

Il faut accompagner ce moment d'onanisme gastronomique d'une grande bouteille de vin. Ce sera un Madiran, La cave est fournie et les merveilleuses bouteilles du domaine Laffont ou Labranche Laffont seraient un régal certaines sont vieilles et de très haute tenue, mais il en reste peu et il faudra les partager, avec quelques amis qui n'en prendront pas toute la valeur. D'autres en plus grande quantités sont trop jeunes, il reste à se diriger vers la cave du Père, il m'offrit toutes ses bouteilles faute de compagnons pour les boire, sur chacune des étiquettes, marqué à la main dans l'angle haut droit, le nom de celui qui lui offrit, Jean-Louis sur ce Madiran de 16 ans d'âge. Pour l’appellation, ce devrait être un vin idéal, point encore trop vieux pour s'être vidé de sa fougue et déjà poli par le temps pour laisser apparaître des arômes subtils et légèrement évolués.

Jean-Louis est un ami, un de ces paysans qui briguent et gagnent les concours de Taureaux reproducteurs, il fait du Blond, et vient de remporter un premier prix au Salon de l'agriculture de Paris! Comment, les années on emmenés ces paysans simples et merveilleux à vouloir absolument être plus fort que leurs voisins. Me revient cette pensée d'Albert Jacquart:

"La morale collective actuelle nous fait croire que l'important c'est de l'emporter sur les autres, de lutter de gagner... Il faut rebatir une société humaine où la compétiton sera éliminée. Je n'ai pas à être plus fort que l'autre, j'ai à être plus fort que moi grâce à l'autre."

Jean-Louis donc ce merveilleux paysan est devenu plus fort que les autres pour élever des taureaux reproducteurs machines immondes et difformes qui n'ont plus rien de naturel, mon cassoulet dont chacun des ingrédients est passé par mes mains, que j'ai aidé à grandir, que la terre a portés sous mon regard bienveillant et avec un tout petit peu de mon aide, que l'on appelle travail, ce cassoulet va donc rencontrer le vin de l'ami de mon père Jean-Louis meilleur éleveur de taureaux bodybuldés, qu'est-ce que ce Madiran.

Je n'aime pas regarder les étiquettes avant d'ouvrir mes bouteilles perdues, souvent les a prioris me font déjuger des vins et m'otent le plaisir de la rencontre fortuite.

Le nez est pauvre pour un vin de cet âge, il exhale bien des arômes de vin arrivé à son apogée mais tellement simples. La bouche est pire, les tannins sont secs et verts, c'est un désastre de Madiran décharné sans matière, ce n'est pas du Madiran.

Il est courant maintenant que les Bourguignons, fassent des vins colorés, murs et boisés, que les vins de Loire soient si mûrs qu'ils ne vous rafraîchissent pas et vous assomment, et que les Madirans édulcorés soient de petits Bordeaux de piètre qualité.

 

Il ne gachera pas mon cassoulet, demain j'ouvrirai avec des amis la quintessence!

 

Je n'ai pas besoin de lire l'étiquette, il s'agit d'une des nombreuses marque arborant le nom d'un château imaginaire crée par la coopérative dominant le Gers, et qui prétent faire survivre les paysans si noble de ce pays en vendant leur âme.

 

Il faut être ce que l'on est, se dépêcher d'être soi, s'y appliquer, pacager l'herbe de notre champs que nous connaissons parfaitement grâce au labeur de nos ancêtre, plutôt que de vouloir devenir ce que nous croyons meilleur. Manger du cassoulet de haricots tarbais, mêlés de viande de porc noir et de canard de barbarie confites. Et boire du Madiran tanique, subltil et puissant, tels les bras des paysans musculeux qui travaillaient les terres de Gascogne.

 

C'est l'avenir que d'être ce que l'on est.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 07:11

C'est la neuvième année que nous ouvrons les portes de notre maison d'hôtes. Amateurs des films de Gabin, des dialogues d'Audiard vivant dans cette Gascogne protégé d'un monde trop moderne, nous vivons un peu à l'écart de la folie consumériste du XXIème siècle.

Nous connaissons les personnes qui produisent presque tous les produit que nous consommons. La farine, les œufs, les huiles, les viandes, les fromages, nos légumes, certains de nos fruits, les jus de raisins et les vins. Nous pouvons mettre un visage sur chacune de nos bouchées ou de nos gorgées. C'est naturel pour nous, Il n'y a guère que le sel, le poivre, le cacao et le café qui sont anonymes.

Nous savons le travail quotidien de ces femmes et de ces hommes qui nous nourrissent, et nous leur achetons espérant que notre contribution, les aidera à surmonter les difficultés quotidiennes de la vie.

Nous essayons d'être cohérents, notre parc et le linge de maison sont entretenus par des centres d'aide par le travail, nous sommes heureux de saluer ces employés dévoués et oublions leur handicap, nous ne le voyons plus.

C'est un bonheur pour nous de vivre ainsi. Et nous proposons le temps de séjours à nos hôtes de partager cette façon de vivre.

La conjoncture économique est difficile, tout est commerce, intérêts et relations de défiance. Il est difficile de partager des valeurs avant tout. Nous vivons des moments sans précédents, clients négociant les prix, annulations toujours plus nombreuses et non respect des conditions. Et surtout un manque de respect permanent.

En 2015 il semble normal de ne plus se dire bonjour, de se servir dans un commerce sans demander, de réserver deux chambres puis de n'en prendre qu'une sans prévenir et de demander à n'en payer qu'un. De ne pas regarder les gens qui vous servent, de se penser supérieur car l'on paie...

Nous voulons préserver un monde de valeurs, de respect et de bonne éducation, car nous pensons qu'il est plus agréable à vivre, pour les autres comme pour nous. le Moulin de Laumet essaiera de rester encore un lieu définitivement pas moderne, dans lequel la relation commerciale n'exclue pas le respect.

Bienvenue à ceux qui comme nous essaient de préserver ce monde là.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 08:04

Un Article paru dans "L'express" en 2013.

De l'Ariège à la Gironde en passant par le Gers ou le Béarn, les Gascons formèrent un peuple au Moyen-Age. Et disposent encore aujourd'hui d'une langue tout à fait à part particulière. Au lendemain de la "journée internationale des langues maternelles" de l'Unesco, démonstration avec cet ouvrage signé par de grands universitaires. Un ouvrage qui devrait mécontenter les défenseurs de l'occitan.

En Gascogne, le "réveil identitaire" est loin de pouvoir se comparer avec celui des cousins basques. Mais, à l'évidence, un frémissement se devine. En témoigne le dernier numéro de la revue "Modèle linguistique" qui vient de paraître.

Linguistiquement, le gascon se distingue très nettement des autres parlers d'oc. Et cela pour une raison principale : avant l'arrivée des Romains, les peuples de l'actuelle Aquitaine parlaient une forme ancienne de basque. A l'exception des Basques, précisément, les populations sont passées progressivement au latin, mais un latin très différent des régions où l'on conversait auparavant en gaulois, comme le Languedoc ou l'Auvergne. D'où les multiples spécificités du gascon : ces "que" au début des phrases affirmatives ou ces "h" fortement aspirés qui remplacent souvent les "f".

Seulement voilà : comme le souligne pertinemment le sociolinguiste Philippe Blanchet, une langue ne se définit pas seulement par des critères scientifiques. Il y entre aussi des motivations politiques. C'est ce qui a permis au catalan de gagner le statut prestigieux de " langue " alors qu'il n'est pas si éloigné du languedocien. Et c'est ce qui a sans doute manqué au XXè siècle aux défenseurs du gascon. Mieux organisés, les occitanistes ont su imposer leurs vues : l'existence d'un occitan unique qui s'étendrait sur le tiers sud de la France, le gascon, le provençal ou l'auvergnat étant ramené au rang de "variante". Des occitanistes qui disposent aujourd'hui de relais bien placés dans la plupart des administrations (l'Education nationale, notamment). Et savent profiter de la méconnaissance générale des élus et des médias sur le sujet.

Pourtant, les thèses occitanistes sortent fortement égratignées de cet ouvrage. Guilhem Pépin rappelle ainsi que le règlement des Leys d'amors, concours poétique lancé à Toulouse au XIVè siècle, excluait les textes en gascon, considérée comme un " langage étranger ". On lira aussi avec un certain effarement la manière dont, selon Bernard Moreux, les réponses à un sondage commandé par le Conseil régional d'Aquitaine ont été "arrangées" afin de servir la cause de " la langue occitane ".

Qu'en conclure, si ce n'est que le gascon _ dont le béarnais est la composante la plus vigoureuse _ est une langue en soi et mériterait meilleure reconnaissance? C'est d'ailleurs ce que réclame le "manifeste" qui ouvre la revue et rassemble les signatures prestigieuses de grands intellectuels, tels Henriette Walter (2) ou Claude Hagège, dont les attaches sont pourtant bien éloignées du Sud-Ouest. Linguistes et historiens y adressent une demande explicite aux élus : "faire inscrire séparément le béarnais et la gascon dans la liste des langues de France". Des élus qui, pour peu qu'ils le souhaitent, trouveront dans cet ouvrage tous les arguments dont ils ont besoin.

Michel Feltin-Palas

  • Modèles linguistiques volume 66. Langues et cultures régionales de France (I) :1. Béarn et Gascogne. Sous la direction de Jean-Marie Puyau et André Joly. Editions des Dauphins. 210 p. 25 €.
  • Aventures et mésaventures des langues de France, par Henriette Walter. Honoré de Champion, 304 p, 10 €.
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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 15:58

Quand vous choisissez d'être vicois, vous n'êtes rien, ici c'est le droit du sol et de plusieurs génération qui compte, être fier, être quelqu'un, président, jouer au rami au café des sport à midi.

Se promener à Eauze, sourire en coin un jour de corrida et rire de Pierrot, invité pourtant tout en fanfaronnant! Ici c'est chez nous! à Eauze.

Être vicois ou n'être rien, si même toi tu t'en vas, après avoir passer tous tes matins à compter, à faire en sorte que cela existe, toi qui n'est personne. Ni toi ni encore moins ta magnifique épouse colombienne.

Combien sont les vicois qui veulent se souvenir qu'ils doivent leurs arènes à un bayonnais et à un toulousain?

Combien sont ceux qui veulent savoir qu'en 1933 Joseph Fourniol fût inaugurée par une course, landaise, qui y a vu le plein?

Vic, c'est différent, ceux qui font vic sont ceux qui ne sont pas vic.

Un huissier de Barbotant, une corse, des italiens, plein d'italiens! Sans tous ceux là vous n'êtes rien ou bien pas grand chose.Des paysans de tous les villages alentours qui donnent sans penser à recevoir.

Un type de Nérac, une autre de Saint Paul, ah oui elle, est née ici... Son mari qui fait la vaisselle, et tous les autres qui montent sur scène.

Vicois sans les italiens vous n'êtes rien, ici ce n'est pas Vic-Fezensac mais Vic sur l'Osse. Petit bourg commerçant de passage où tous ceux qui se sont arrêtés et qui sont la risée vous ont tout donné.

C'est eux qui ont fait vos fêtes vos marchés et ce moment de milieu d'été.

Les vicois, les vrais, se cachent au fond de leur cave, dans des peñas insolites et gratuites! Ils ont migré à Paris sont partis en Provence et ont laissé la place, à des maires qui bombent le torse, qui existent, eux.

En 1959, on présenta une corrida de Pérez de la Concha avec Jaime Ostos, Curro Giron et Dieguo puerta! 3 toreros des 10 premiers de l'époque. Aujourd'hui on voudrai vous faire croire que le fin fond de l'escalafon avec des toros que personne ne veut est le nec plus ultra. Mais où est Aguilita, respect tout de même à quelques commerçant locaux qui avaient compris tout l'intérêt de créer.

Bon vent Patrick, d'autre viendront donner après toi, mais ils seront plus vicois que les vicois, car eux auront choisi d'y vivre sans y être nés.

Adishatz.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:18

Ils ont assassiné le dessinateur de mon enfance et un des rares économiste qui avait un son différent.

 

Ce sont par la petite lorgnette de ma vie ceux pour qui je suis le plus profondément atteind. Car je ne vais pas la raconter, je n’ai jamais été abonné à Charlie Hebdo, Et je ne connaissais pas toutes leurs « unes » avant ce massacre imbécile.

C’est regrettable car aujourd’hui qu’elles sont bombardées partout, je me rends compte qu’elles sont vraiment « bonnes » non seulement tout l’humour est là, mais la profondeur de leur messages est en adéquation avec ma pensée.

Bien sûr il y a ces deux abrutis qui embrigadés mentalement par des manipulateurs vomissables ont perpétré ce carnage, ça me réveille la nuit, me laisse sans aucune solution et perspective.

Mais il y a aussi la cohorte des pires insignifiants, les « journalistes » qui n’ont pas publié les caricatures de Mahomet en soutien à la liberté d’expression, ceux qui ont floutés les unes de « Charlie Hebdo » lors de leur reportages sur ce qu’ils nomment tuerie, ceux qui entendant Philippe Val comparer ces assassinats à ceux qu’auraient pu être ceux conjoints de Zola, Hugo, Stendhal au XIXème siècle ont un rictus de dédain….tous ceux là en perpètrent une à leur tour celle des idées, du courage et de la liberté d’expression.

Et il ya tous ceux, charognards innommables, qui se servent de ce drame pour réclamer ce que « Charlie Hebdo » combattait c’est évident. La peine de mort, la haine, le racisme, la xénophobie…

Utiliser la mort des hommes les plus libres du monde pour promouvoir l’anti thèse de leur pensée c’est là tout l’art de la bêtise éhontée extrémiste.

 

Regardez vous en face, essayez de penser un instant, étudiez la France, les lumières, la loi sur la laïcité, l’abolition de la peine de mort dont un des artisans fût monsieur Badinter, madame Badinter défendait « Charlie Hebdo » au procès des caricatures de « Mahomet », faites le lien entre tout cela et vomissez vous, vomissez votre stupidité et soyez sûr que vous êtes à la marge, de la même trempe que les idiots munis de kalachnikov qui ont tué mes dessins d’enfant et une de mes conscience d’adulte.

Je vous dis cela sans haine car je n’ai pas le droit de haïr ce n’est pas digne de « Charlie Hebdo »

 

Vincent Laterrade

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 09:19

Il y a déjà très longtemps je devais avoir à peine une quinzaine d'année, un cousin lointain gara son camping car dans la cour de la ferme paternelle.

Un cousin, mais la famille paternelle en comptait par dizaines, c'était une notion vague et incompréhensible, il s'appelait Laffont ce qui avait pour avantage au moins d'être appréhendable par mon jeune esprit, il portait le même nom que la maison voisine de l'hôtel familial, nous allions chercher les truites vivantes à Laffont, maison abandonée mais qui comportait en son sein un ancien lavoir alimenté par une source fraîche et pure transformé en vivier à truite pour le restaurant de l'Hôtel des Voyageurs de Gavarnie.

Philippe lui de 15 ans mon aîné était en pleine force de l'age, il rayonnait, s'entendait à merveille avec mon père, connaissait la gastronomie sur le bout des doigts et avait profité d'une escapade estivale pour une visite familiale et gastronomique. Nous habitions alors à Plaisance du Gers et Maurice Coscuella officiait divinement dans les cuisines de son Ripa Alta. Un simple apéritif était un enchantement, ses pruneaux farcis aux rognons blanc de canard accompagnaient divinement un cocktail de vin sauvage au sorbet de cassis.

Je commençait à m'éveiller aux sens de la chaire. En fait je continuait devrais-je dire car du plus loin que je m'en souvienne dans ma famille la table à toujours été une fête! Plus rurale chez ma mère,plus cérémonieuse chez mon père. Il élevait à l'époque des moutons, et un gigot d'agneau en croûte de sel ravive mes papilles de quanrantenaire 25 ans après. Il fût accompagné d'une Côte Rotie d'Yves Gangloff, un jeune vigneron qu'aidait Philippe à l'époque, ce vigneron célèbre aujourd'hui avait acheté une toute petite parcelle muni d'une "grange" qu'il habitait avec son épouse Mathilde et ses enfants, ils tiraient le diable par le queue, Philippe amoureux du vin salarié de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) vantait ses vins, récupérait les bouteilles vides, les lavait pour remettre en bouteille sa cuvée Mathilde.

Papa gavait alors et vendait des conserves de foie gras, de pâtés de cassoulet... Nous avions entamé le repas avec un foie gras en conserve de sa production accompagné d'un Condrieu de Gilbert Chirat.

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 Ce fût pour moi une découverte, j'avais alors droit aux Sauternes chez ma mère et à du blanc limé parfois pour les fêtes de village. La rondeur associé à la minéralité de ce Condrieu est encore une recherche aujourd'hui. Le fruit a pris le dessus et la tension de ce Condrieu avait subblimé le foie gras.

 

Je dois à Philippe, à ce premier séjour et au nombreux autres que nous nous sommes mutuellement rendus mon attachement à la Côte du Rhône septentrionale, Philippe nous a quitté il y a maintenant deux ans, mais il est là dans ma cave et dans la votre, tous les vignerons qu'il m'a fait connaître aussi sont là. Yves est devenu intouchable, mais il reste de belles maisons avec de beaux produits à des prix accessibles. Il est temps que j'aille à nouveau déjeuner à L'auberge de La source de Chavannay pour accompagner une assiette de cuisses de grenouilles de ondriu minéral et tendu!

 

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 08:18

Les fêtes sont là et les repas de fin d'année se profilent.

 

Indispensables saumon, foie gras et Champagne...

 

Pour cela faite votre choix, 96% du volume de production de foie gras de canard Français est produit de manière industrielle, cycle de vie des animaux très courts, gavage en cages individuelles à base de bouillie sur 23 repas 11 jours et demi, et traitement de ces foies gras majoritairement en cuisine industrielle (correcteurs d'acidité, aromatisation, cuisson mi-cuit permettant un résultat plus acceptable avec des produits de base de moins bonne qualité...)

 

Pour le reste, compliqué à trouver, puisque 96% des produits sont industriels, il y a une grande majorité de "producteurs" qui utilisent ces process. Aucun label ne garantie vraiment un foie gras d'excellence, le label rouge peut être mais il est tellement rare.

Allez à la source et recherchez, des canard élevés sur des cycles longs, gavés au maïs entier, blanc de préférence pour plus de finesse en goût, sur des gavages plus long et surtout en parc de gavage et non en cage. Cuisiné de manière classique, en conserve sel et poivre.

 

Pourquoi parler de foie gras dans un article intitulé Champagne?

 

C'est très simple, le parallèle est évident entre trois produits saumon, foie gras, Champagne une seule nuance le prix.

 

En trente ans, le saumon et le foie gras produits de luxe et de fête, sont devenus des produits de consomations courante, bon marchés et dont l'évolution de qualité à fortement baissée. Les vins de Champagne eux ont augmentés systématiquement leur prix, pour rester très hauts à l'exception de quelques cuvées distribuées par la grande distribution produites à base de raisins de très mauvaise qualité...

Si non passez votre chemin, le Champagne est un vin cher. Mais ce n'est pas parcequ'il est cher qu'il est un véritable vin!

 

Le champagne, la méthode traditionelle c'est avant tout un savoir faire, deux vinifications distinctes, en cuve dans un premeier temps puis en bouteilles, et à chacune des étapes l'ajouts d'intrants, lorsque j'étais à l'école de sommellerie nous disions pour rire que le cépage améliorateur du Champagne était la betterave§ Sans sucre, ou moûts concentrés, très peu de champagnes, sans levures exogènes quasiment pas de Champagne.

 

Heureusement il existe la byodinamie, des champagnes issus exclusivement des jus de raisins récoltés sur ce merveilleux terroir, vinifiés sant aucun intrants..

 

Cherchez les, il y en a au moulin de Laumet et ça accompagne à merveille des foie gras d'oie vieux ou de canard gavé au blanc pas facile à trouver, mais j'ai une ou deux adresses...

 

Photo : Pour vos fêtes Champagnes Francis Boulard, en biodynamie et brut nature (sans sucre ajouté) vins rares typés et délicieux, et comme dans toutes nos gammes une exclusivité introuvable, Christal Roderer rosé.... Seulement au moulin de Laumet.

 

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 13:13

C'est pas souvent mais il me semble indispensable de préciser la façon de voir différente d'un petit patron...

 

J suis né dans le commerce, mon père était hôtelier restaurateur, ma mère fleuriste. Du plus loin que je le sache ma famille à toujours vécu d'une activité commerciale ou agricole de petite taille.

 

Et lorsqu'en 2007 j'ai choisi à mon tour d'ouvrir un commerce ma mère notament m'a fait part de son inquiétude, reste salarié, tu auras la sécurité.

 

Bien entendu après 8 années d'exercice, j'ai parfois été tenté de lui donner raison. Je gagne beaucoup moins bien ma vie que lorsque j'étais salarié. Je dors moins bien, je ne bénéficie pas de possibilité d'assurance chômage si mon commerce devait fermer et je n'ai pas le droit à des arrêts maladie.

 

MAIS NON, NON et NON je ne manifesterai pas avec les petits patrons qui considèrent que l'état est responsable de leur situation.

 

Pourquoi?

 

Dans un premier temps car je ne me trompe pas d'adversaire:

 

Si mes revenus sont nettement inférieurs à ceux que mes parents avaient dans les années 1980 ce n'est pas de la faute de l'état, j'en suis certain.

 

D'autre part, aujourd'hui ce qui me coûte le plus cher et me demande le plus de travail administratif n'est pas l'état.

 

Je ne confond pas les choix de certains politiques avec le fonctionnement d'une institution.

 

Enfin, Je ne soutiendrai jamais ceux qui sont la cause de mes difficultés.

 

Je m'explique:

 

Entre 1980 et 2014 l'évolution du commerce de détail, et des pme qui fournissent les comerçant à particulièrement évolué pour voir: l'explosion de la grande distribution, la concentration des moyens de production dans un soit disant but de "gain" de pouvoir d'achat.

Résultat, baisse du nombre d'opérateur, concentration des bénéfices, perte de pouvoir d'achat des classes moyennes, perte de clientèle. En quoi l'état est responsable de ces choix?

 

Depuis que j'ai ouvert mon commerce, j'ai traversé à plusieurs reprises des période de difficultées, financières, de trésorerie..., suivie de périodes plus bénéfiques. A chaque fois que j'ai rencontré des difficultés, les établissements bancaires m'ont lachés, je n'ai pour eux aucun intérêt. A chaque fois ce sont des amis qui m'ont aidé sans que cela me coûte. Si nous traversons actuellement une crise économique les responsables sont les financiers que les politiques ont choisi de sauver avec nos deniers et qui font leur profits sur nos difficultés. A chaque fois que j'ai eu des difficultés pour payer mes imôts et taxes, j'ai écrit à des fonctionnaires conscients qui souvent m'ont permis d'étaler des paiements ont ristournés les frais.. Les banquiers? Jamais au contraire. Les banques, les assurances, lecoût des énérgies sont aujourd'hui les postes les plus lourds pour ma société.Mon employée crée comme moi des richesses.

 

En rien la dérégularisation de ces secteurs m'a fait gagner de l'argent au contraire.

 

Qui a refusé que la sécurité sociale et les régimes retraites soient les mêmes pour tous? Je veux la suppression du RSI et son absortion dans la sécurité sociale, l,application total au programme du CNR de 1946 et non celui des technocrates dogmatiques aux mains des financiers de Bruxelle.

 

Je ne confond donc pas les lois, les petits fonctionnaires qui sont mes clients et les politiques, les hauts fonctionnaires vivant dans leur tour de babel qui eux ont fait des choix dogmatiques toujours en faveur des plus gros, des financiers et jamais en faveur du travail.

 

Descendre dans la rue pour réclamer moins d'état, moins de taxes, la baisses des charges, c'st s'associer à ceux qui sont responsables de nos difficultés, les financiers, les très grandes entreprises, les hauts fonctionaires et les politiques.

 

Je souhaite, des salaires et des revenus qui permettent aux travailleurs de consommer, une localisation et un éclatement du commerce et de la production, des charges plus importantes sur les revenus financiers et plus lègères sur le travail. De véritables contraintes aux banquiers.

 

Voilà, je suis un petit patron et non je ne suis pas d'accord avec le MEDEF ni la CGPME.

 

 

 

 

 

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 18:39

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:34

Bonjour Hervé et merci,


http://www.dailymotion.com/video/x1apocv_heures-claires-extrait-de-signes-du-toro-n-70-de-septembre-2013_tv


    Tout est faux, tout et pourtant... il y a comme une odeur de romero. Je n'aime rien, ni ces arènes de béton ni cette émission de france 3 où même l'accent fait des canards aux clarines de la maestranza. Rien, ni la tradition de ce sud est trop méditerranéen pour moi et cette campagne qui n'est plus que du folklore depuis trop longtemps, déjà Frédéric Mistral était un traitre en voulant (et réussissant) imposer sa vision des langues régionales qui est devenu le félibrisme. Même Morante est faux, notre merveilleuse génération impose le produit et il en est un lui aussi, cette façon de parler, de penser, de peser chacun des mots avant de s'exprimer sonne à l'accent de Nîmes ou de Istres, mais pourtant...
    Le fond est là lorsque les rideaux tombent la vérité pure qui ne peut ni se voir ni se comprendre sort, elle se sent du bout des poils de la cher de poule. Celle là même que j'ai lorsque je me souviens de ton pas de flamenco hésitant dans cette discothèque de calle betis ou de ce rincon de la carboneria.
    Tu sent tout cela et c'est même inexplicable pour un militaire de carrière qui vent du sirop de marketing. Merci Hervé je t'aime.

Amitiés

Vincent

http://www.youtube.com/watch?v=ZN1TGK5FAas

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